Ne cherchez pas à savoir qui je suis. Atypique ou non conforme serait ce qui me conviendrait le mieux. C’est certain ce n’est pas du goût de tout le monde. Tant pis pour les conformistes. Qu’ils restent conformes. J'aimerais vous dire de chacun de mes livres quelque chose qui vienne de l'intérieur. Disons pour commencer que j'écris par plaisir et que mon souhait est de faire partager ce plaisir. J'aime bien dire que "je savais écrire avant de savoir lire".
Il est paru !
En hors d’œuvre voici la 4ème de couverture et quelques extraits. Les parties en décasyllabes sont dites par le narrateur.
Genre : Roman poétique théâtral
"On entend souvent dire que l’éternel dilemme de l’adaptation est de coller fidèlement à la matière littéraire originale, qu’il est des œuvres impossible de voir adapter sous une autre forme d’expression. Et pourtant, Michel Ponte s’y est essayé avec succès dans Barricades Mystérieuses, adaptation théâtrale du célèbre roman d’Alexandre Pouchkine Eugène Onéguine et de l’opéra éponyme mis en scène par Tchaïkovski.
La version de Michel Ponte réussit le tour de force de jouer sur deux tableaux en mêlant caractéristiques du roman de Pouchkine et caractéristiques de l’opéra de Tchaïkovski tout en offrant de nouvelles perspectives au texte original. Ce passage d’un langage à un autre offre une nouvelle forme de narration tenant compte des spécificités du théâtre et permettra d’expérimenter divers dispositifs scéniques qui mettront en images les épisodes marquants de l’intrigue.
Des comédiens s’apprêtent à rentrer sur scène. La pièce ? L’histoire est plutôt simple. Eugène Onéguine, un jeune dandy Pétersbourgeois, hérite d’un important héritage et part s’installer à la campagne. Il se lie d’amitié avec Lenski, un jeune poète. Deux sœurs, Olga et Tatiana, s’éprennent l’une de Lenski, l’autre d’Onéguine. Eugène préfère sa liberté à l’amour de la belle Tatiana et la repousse. Lors d’un bal, il taquine son ami Lenski en dansant un peu trop avec Olga, ce qui provoque la colère du poète qui le provoque en duel. Eugène tue Lenski et s’exile, bouleversé par la mort de son meilleur ami. Des années plus tard, il retrouve Tatiana mariée à un riche général et à son tour voit son amour repoussé.
Déjà adaptée plusieurs fois à l’opéra ou au cinéma, mais jamais au théâtre, l’œuvre acquiert ici une nouvelle dimension, sans
pour autant manquer de fidélité aux chefs-d’œuvre d’Alexandre Pouchkine et de Tchaïkovski. L’adaptation théâtrale embellira-t-elle, aux yeux des romantiques, la tragique solitude des deux amants
?"
*
Vois donc cet homme auprès de Vladimir,
Crois-moi, je le sens bien, il t’admire.
Oui ! Dis-moi donc, comment s’appelle-t-il ?
Eugène. Il nous vient de la ville.
Les deux hommes en effet, sur ces femmes,
Tenaient propos naïfs, mêmes infâmes.
Les deux sœurs semblaient bien étonnées
De la façon dont ils rirent à leur nez.
Comment Vladimir, c’est à cette Olga
Que vos faveurs vont. On dirait Niania,
Mon ancienne nourrice. Moi, la sœur
Me plairait davantage. Votre cœur,
Soit, est prompt à s’emballer. Regardez
Tatiana, prudence. À décider
J’attendrai, si j’avais votre place.
L’autre à mes yeux trouve toute grâce.
Onéguine, son regard est pour vous !
Vous hésitez, me croyez-vous jaloux ?
Non, c’est d’Olga que vous êtes épris
Et mon cœur ne souffre d’être surpris.
[......]
Eugène
Que faites-vous, malheureux. Le désespoir l’emporte.
Venez m’aider, tous. Ma résistance faiblit !
Guillot
Tenez bon, j’arrive Monsieur Onéguine.
Mme Larina
Mon Dieu que se passe-t-il ? Sur la table il s’incline.
Zaretski
Résistez, arrachez-lui son arme ou il va s’empaler.
Mme Larina
Comme c’est étrange, sur la table il s’est jeté.
Tania
Vladimir, qu’avez-vous fait ? La table est rouge de son sang.
Eugène
On dira que je l’ai tué. Je serai mis au ban.
Zaretski
Si vous ne l’avez pas frappé, vous l’avez provoqué.
Eugène
Je crois plutôt que c’est une lettre qui l’a tué.
Guillot
Absurdité ! Jeunes fous ! Se battre pour une dame.
Tania
Non, voyez-vous, ce n’est même pas pour une femme.
*
La stupéfaction éblouie que m’a
procuré la lecture du roman d’Alexandre Pouchkine “Eugène Onéguine” a fait naître en moi l’idée d’une adaptation théâtrale. Mais je tenais à garder cet aspect si particulier que lui procurait
l’écriture versifiée. Il s’agissait de rendre cette impression de mélange de légèreté et de prosaïsme que constitue cette encyclopédie de la vie Russe qu’est cet abîme de non-dit. La
première difficulté a consisté à me décider sur le choix de l’écriture. Etait-il possible de rendre cette spécificité des langues accentuées dont la versification se fait sur l’accent tonique et
non pas sur le décompte des syllabes ? Toute traduction semblait une trahison, même si André Markowicz* réussit magnifiquement à rendre l’effet de ses tétramètres iambiques à l’allure de
sonnet. J’ai choisi d’en écrire une partie en octosyllabes et une autre en vers libres rimant dans les deux cas de façon plate, par rime jumelles, mais pour lesquelles il importerait de faire
apparaître l’accentuation à travers l’interprétation.
*Actes
Sud (Michaël Meylac, préface de l’édition 2005).
http://recherche.fnac.com/ia653319/Michel-Ponte