Ne cherchez pas à savoir qui je suis. Atypique ou non conforme serait ce qui me conviendrait le mieux. C’est certain ce n’est pas du goût de tout le monde. Tant pis pour les conformistes. Qu’ils restent conformes. J'aimerais vous dire de chacun de mes livres quelque chose qui vienne de l'intérieur. Disons pour commencer que j'écris par plaisir et que mon souhait est de faire partager ce plaisir. J'aime bien dire que "je savais écrire avant de savoir lire".
Publication de Les Baladins De Serre-Che.
ENTRETIEN
Michel Ponte, en quoi un atelier est-il différent d’une troupe ou d’un conservatoire ?
Les Baladins de Serre-Che est constitué par la branche Théâtre de l’association Art et Montagne Serre-Chevalier Vallée. Un Atelier ne fait aucune sélection à l’entrée et ne délivre aucun diplôme. Cette année il comporte une dizaine de membres ayant des formations théâtrales variées, voire des débutants.
Quel genre de travail effectuent les participants à votre Atelier ?
L’Atelier des Baladins est issu directement d’Art et Montagne et a donc comme objectif d’élaborer une culture théâtrale au sein d’un groupe par une volonté pédagogique et une pratique.
En quoi consiste cette volonté pédagogique ?
La production n’est pas une fin en soi mais un moyen dans la formation du comédien. Nous commençons l’année par des exercices à la fois ludiques et fondamentaux pour un comédien. Toutes les troupes, les écoles, le font car c’est un fondement de la formation du comédien.
Pouvez-vous nous donner un exemple ?
Bien sûr. Cette année nous avons très tôt utilisé l’improvisation comme exercice.
Voulez-vous dire qu’une partie du spectacle sera improvisée ?
Je ne veux pas dévoiler ce que nous ferons. Mais iI y a toujours une part d’improvisation dans un spectacle car rien ne se passe comme on l’attendait. Mais parmi les exercices, il y en avait un au cours duquel je demandais à deux personnes d’imaginer une situation et quand ils étaient prêts, j’introduisais un mot que l’un des deux devait faire dire à l’autre sans qu’il s’en rende compte. Ils devaient suivre le canevas initial.
Et en quoi cet exemple nous montre-t-il la préparation du comédien ?
Cet exercice oblige à coller aux propositions de son partenaire et à le suivre sur le terrain où il emmène son binôme. Il y a donc nécessité d’écouter l’autre, de respecter l’option du canevas et donc d’être en adéquation avec celui qui partage le terrain avec vous. C’est exactement ce que raconte « Les acteurs de bonne foi. »
Et dans le cas d’une pièce ?
De la même façon ; si le texte n’est plus improvisé il faut jouer, non pas en récitant, mais en étant à chaque instant pris par l’étonnement ; condition pour que le spectateur accepte votre jeu.
Comment avez-vous conçu ces spectacles ?
Le spectacle est constitué de deux parties. La première est une suite de travaux effectués par les participants de l'Atelier à partir de textes ou d'extraits qu'ils ont choisis ou que je leur ai écrits. Je travaille actuellement sur l’adaptation scénique du roman de Denis Diderot « Le Neveu de Rameau » que je mets en scène et qui apparaîtra dans cette première partie.
Mais en donnerez-vous l’intégralité ?
Non, cette pièce dans laquelle je joue le rôle de l’auteur en compagnie du comédien Patrice Bonnabesse — qui interprète le Neveu, Jean-François Rameau, qui a réellement existé — est en cours d’adaptation. Nous en donnerons la première partie. 2013 a été année Diderot, 300ème anniversaire de sa naissance et 2014 est l’année Rameau. Le 250ème anniversaire de la mort du compositeur en 1764. Comment passer à côté !
Et quand pourrons-nous voir « le Neveu de Rameau » en entier ?
La pièce sera certainement prête pour le 26 avril, date de notre passage salle de La Montagne à La Salle-les Alpes, ou en tout cas elle sera très avancée. En tout état de cause, elle doit être terminée pour le mois mai.
Et les autres comédiens, membres de l’Atelier, jouent-ils le répertoire ?
Oui, c’est une nécessité. La seconde partie est constituée de la représentation intégrale d'une des dernières pièces de Marivaux mort, lui en 1763, « Les acteurs de bonne foi », jouée par les 9 comédiens qui constituent l'Atelier Théâtre « Les Baladins de Serre-Che ».